
eDline
eDline, née à Rennes en 1969, a lancé sa carrière de sculptrice après obtention d’une licence de philosophie à l'université Paul Valéry de Montpellier.
Pour pouvoir parler du monde, elle a étudié quelques disciplines qui lui semblaient essentielles telles que l'anatomie, la physiologie, la chimie en préparant le concours d'entrée aux études de médecine. En parlant de l’idée de son art, elle dit, « Etre sculptrice, cela veut dire que j'ai choisi de traiter du visible et du tactile. C'est montrer la peau et le volume des choses; seulement la peau puisque c'est à elle seule que nous avons accès. Cette peau qui est l'interface entre milieu intérieur et milieu extérieur, j'essaie de la rendre la plus fine possible. Essayer d'être au plus proche, dans les limites techniques, de ce qu'est l'interface: un plan de l'épaisseur. »
Cette idée artistique est parfaitement présentée dans Spiderman, œuvre principale d’eDline. Par les constructions filaires, la peau transparente et les significations symboliques de cette sculpture, l’artiste essaie de répondre aux contraintes des corps: comment s'organisent-ils? La fragmentation, les échanges, les pleins et les vides, le mouvement nécessaire entre organismes. A la jonction de plusieurs interrogations, symboliques et techniques ; dans le nœud de l’action, un personnage urbain parle du lien, des liens entre humains, de leurs réseaux.
Spiderman est un fantasme humain, le rêve d’appropriation des murs et des voûtes, courir sur les surfaces verticales. Il n’est pas loin de voler mais il tient toujours à un fil. Spiderman, un urbain qui pratique la ville de manière très personnelle ; verticalement accroché aux façades, se projetant de gouttières en hampes de drapeau.
Spiderman : urbain nouveau, métaphore des urbains d’un autre type : yamakasi, grapheur… S’emparer des parois, se hisser à la hauteur de la ville, ne plus être écrasé par l’architecture, au contraire aller à sa rencontre, s’accrocher aux façades.
Une araignée sans nid dont la toile est le véhicule et non la maison Pour nous une allégorie de ce que devient notre maison, un véhicule
L’araignée, l’animal araignée file un piège, Spiderman projette sa toile, se propulse La toile, le web : projets, passages, réseaux.
S’emparer des parois, se hisser à la hauteur de la ville, ne plus être écrasé par l’architecture, au contraire aller à sa rencontre, s’accrocher aux façades.
Une araignée sans nid dont la toile est le véhicule et non la maison. Pour nous une allégorie de ce que devient notre maison, un véhicule L’araignée, l’animal araignée file un piège, Spiderman projette sa toile, se propulse.
La toile, le web : projets, passages, réseaux, Par rapport au bâtiment : La toile longtemps symbole de désaffection des lieux, d’oubli voire de dédain d’un vieux bâtiment retrouve avec l’avènement du net sa vocation de lien, de fil collant Jeux de cour, jeux de récré, un héros d’enfance qui porte les fantasmes d’appropriation totale de l’espace : jouer à Tarzan dans la jungle, à Spiderman dans la ville, des acrobaties sur les rambardes, à la marelle sur les dallages.
Jouer dans la cour parce qu’on est protégé de la rue, regarder les fenêtres et le ciel pour s’y envoler. S’y accrocher.
II. TRANSPARENCE
Ce qui est transparent est ce qui laisse passer la lumière, ce qui est perméable à la lumière sans être ni invisible ni furtif. Parmi les productions animales, les toiles d’araignées, comme les nids de bulles et autres gels, sont transparentes. De manière imagée : Glasnost et perestroïka/ Freedom of information act. Technologies de l’information et utopies conjointes type « œil de dieu ». Rendre transparent : a. Imagerie médicale : Rayons X, IRM, scanner afin d’accéder aux infrastructures. Systèmes de sécurité : mêmes procédés pour une tout autre fin, le décryptage des comportements. b. Identifier, ficher, tracer, construire et remplir des bases de données à visées bureaucratiques ou commerciales. Biométrie, banques génétiques.
Les stratégies animales et humaines. Les dernières se référant souvent aux premières. J’aime bien voir la raison de la transparence comme étant souvent la dissimulation du piège aux yeux de la proie, exprimer le piège ou le désarroi de la proie. Un personnage totalement transparent, suspendu au-dessus du public. Qu’est-ce que cette transparence ? Elle permet l’observation, elle permet d’accéder à des données visuelles tout en séparant les deux milieux de tout autres types d’échange. Un palais de glaces, un labyrinthe de films « fraîcheur », tout sous blister. Une époque dominée par des sentiments d’incertitude et de fragmentation. Homo packaging qui empaquette tout, étiquette et classe, sépare bien tout, pour lequel il faut que rien ne se touche sans latex protecteur. L’intention semble bonne au départ : la protection, mais sa systématisation a des effets pervers. Souvent, une radicalisation est contre-productive.
La lutte à outrance contre les bactéries augmente leur résistance et affaiblit notre système immunitaire. Un exemple frappant aux conséquences graves, c’est l’apparition de comportements plus qu’à risque, le bare-back. La volonté ostentatoire de contamination. De quoi le super héros peut-il nous sauver sinon de nous-mêmes ? Un fantasme qui rend nos frustrations vivables.
III. STRUCTURE FILAIRE
Spiderman, l’homme araignée réalisé en réseau de fils métalliques est un rappel des créations 3D avant habillage de texture ainsi qu’un clin d’œil aux technologies de l’information. Lequel crée l’autre ? Qui de l’araignée ou du fil tisse l’autre ? Un réseau de fils : une modélisation polygonale, une vectorisation 3D, une image X-ray dans laquelle les motifs du costume du super héros apparaissent en négatif. Une peau qui soit presque une pellicule. Essayer d’être au plus proche, dans les limites techniques, de ce qu’est l’interface, un plan de l’épaisseur d’un point mathématique. Aller jusqu'à ne laisser qu'une structure filaire. C’est-à-dire filer les motifs du sujet (réseaux, réticules, arborisations, ou bien courbures de la toile en l’occurrence) ainsi que des polygones plus généraux qui déterminent de plus grands espaces.
La question des modes d’assemblage est très importante : coudre, coller, nouer, souder. Créer les liens. Se spécialiser dans le traitement des surfaces, non pas dans leur texture mais dans leur imbrication géométrique potentielle. Le rapport de la partie au tout, le morceau et le morcellement, la fragmentation et les fractales, le puzzle et les pièces de couture. Comment le plan devient-il un volume ? Topologie, origami. A la jonction de plusieurs interrogations, symboliques et techniques ; dans le nœud de l’action, un personnage urbain parle du lien, des liens entre humains, de leurs réseaux. Un cluster. Spiderman.
Expos depuis 2006:
- septembre 2006 : évènement Grande Barge 2006, Villeneuve les Maguelone, expo collective.
- octobre 2006: Montpellier QuArtiers Libres, création de la Girafe, suspension entre les platanes, jardins du Peyrou.
- décembre 2006: expo personnelle « Tao des Animaux » au Domaine du Chapitre, INRA, Villeneuve les Maguelone.
- Janvier 2007: forum des métiers, Joffre, Montpellier.
- février 2007: expo collective « Papier », Atelier de la Scierie, Montpellier.
- mai 2007: « Aaaahr de la rue », expo de la Girafe, Valleraugue, parallèle Transes Cévenoles.
- juin 2007: expo collective « Côté cour, côté jardin », Atelier de la Scierie, Montpellier.
- octobre 2007: expo personnelle « Puzzle », galerie Saint Ravy, Montpellier.
- octobre 2007: Montpellier QuArtiers Libres 2007, création d'un Poulpe géant sur le bassin central des jardins royaux du Peyrou.
- novembre 2007: Art Saint Roch, Tous Contes Fées, Montpellier.
- décembre 2007: expo collective « la Matière dans tous ses états », Atelier de la Scierie, Montpellier.

- février 2008: expo collective « Noir », Atelier de la Scierie, Montpellier.
- mai 2008: expo collective « Transparence », terralia, Chai du Terral, St Jean de Védas.
- juin 2008: expo collective « Sous la peau », Atelier de la Scierie.
- septembre 2008: Montpellier QuArtiers Libres 2008, « Sébastien Lenormand, inventeur du parachute », Tour de la Babote.
- novembre 2008: MAC Paris édition 2008, Espace Champerret, Paris.

- janvier 2009: expo collective « Cabinets de curiosités », Atelier de la Scierie, Montpellier.
- mars 2009: création d'Inanna pour la journée internationale des droits des femmes, salle Rabelais, Montpellier.
- mars 2009: expo collective « Equinoxe », Atelier de la Scierie, Montpellier.
- avril 2009: défilé d'art porté Atoutfil 2009, « Ah My Goddess », premier prix.
- mai 2009: « Aaaahr de la rue », expo d'Inanna au-dessus de la rivière Hérault, Valleraugue, parallèle Transes Cévenoles.
- octobre 2009: expo de Spiderman, pour l'association Voisimages, Nuit Blanche 2009, Paris 4.
- novembre 2009: série des Armures exposée à la Beargalerie, Montpellier.
- novembre 2009: MAC Paris édition 2009, Espace Champerret, Paris.
- décembre 2009: expo collective « l'artiste et son environnement », Plessis Trevise.
- mars-avril 2010: biennale d'art contemporain « Paysages humains/ Visages urbains », Brie-Comte-Robert.
- juin 2010: expo-rencontre de trois artistes, Villa des Roses, Bois-Colombes.
- juin-juillet 2010: expo collective « Cabinet de curiosités», galerie Xavier Nicolas, Paris 4.
- octobre 2010: expo d'Exosphères, pour l'association Voisimages, Nuit Blanche 2010, Paris 4.
