Tout ceci n'est qu'un "je"

B. Philippe, le je et le jeu Lorsqu’il réalise l...

Les expositions de la Galerie Xavier Nicolas, galerie d’art à Paris

09/12/2010

Tout ceci n'est qu'un "je"

B. Philippe, le je et le jeu Lorsqu’il réalise l’autoportrait à l’encre brune qui se trouve aujourd’hui au British Museum, Rembrandt a 21 ans. Lorsque Courbet dessine l’autoportrait dit « au chevalet » du Louvre, il a 28 ans. Par l’âge, B. Philippe se situe entre ses deux glorieux devanciers commençant à étudier passionnément leurs visages respectifs (ils continueront). Or il ne voit pas du tout la même chose qu’eux. Le hollandais était fasciné par son propre regard, inquiet, scrutateur, tragiquement lucide. Le français se composait, non sans une certaine complaisance, un personnage vu en contre-plongée, avec la physionomie décidée d’un jeune artiste sûr de lui et de son avenir. Rien de tout cela chez B. Philippe qui a saisi son apparence à cinquante reprises par le moyen de la photographie avant de traduire à chaque fois cette dernière, à sa manière, sur une toile de 50 x 50 cm. Précisément, il s’est toujours représenté l’appareil à la main : en pleine action, ou jouant avec lui ou encore masqué par lui (totalement ou partiellement). Le titre de la série est explicite : Tout ceci n’est qu’un « je ». Un je, bien sûr, mais aussi et sans doute surtout un jeu. B. Philippe est trop jeune et trop peintre pour ne parler que de lui, alors, il joue avec les infinies possibilités de la peinture qui elle-même joue avec la photographie. C’est libre, frais, inventif, décontracté. B. Philippe est évidemment de son temps, mais avec une capacité d’invention plastique et un talent devenus rares ces temps-ci. A savourer sans modération. Jean-Luc Chalumeau novembre 2010 B.Philippe Déjà petit, il était grand. Aussi n’a-t-on cessé de le lui répéter. « Mon Dieu, si grand, tellement grand… » Du coup il l’est devenu, grand. Vraiment. Et je ne parle pas tant de la taille de ce jeune homme –grand, c’est certain- que de son talent. Une manière de maturité picturale, un savoir, une sûreté. Il trace juste. Il maîtrise une palette classique ET moderne. Il épate. Silencieux, tranquille, il peint. Il est absolument peintre. Il a la grâce. Le duende disait Lorca pour traduire ce qu’on ne peut expliquer mais qu’on ressent. Oh ! Si. Bien sûr, on peut trouver des mots techniques et vaguement pédants pour décrire ses travaux, mais la grâce est ce qui traduit le mieux l’impression profonde que produisent ses cinq premières séries. La dernière surtout, qui semble répondre, sinon faire pendant, à « Un Air De Famille » laquelle représentait des singes en des attitudes, mettons fraternelles. Des singes si proches et si lointains. Là il a osé s’en prendre à l’auto-portrait sans la dérision facile ni le faux recul goguenard à la mode. Juste, il a réinventé l’humour en peinture, un humour tendre envers soi. Ça n’est pas si aisé de « peindre celui qui peint », de voir celui qui (se) voit », à la fois tendu et fragile, attentif et si précis : l’être humain au raz de soi. Il y a dans ses toiles une simplicité de lecture qui donne à voir tant de choses… Tant d’autres choses… Un regard tellement honnête -intransigeant- que ça en devient dérangeant. Presque inconfortable de franchise. Cette petite cinquantaine d’autoportraits ne s’appelle pas par hasard « ceci n’est qu’un je ». Elle a la puissance du jeu de l’enfant quand il se décrète roi des étés et devient réellement le roi des étés. Il n’a pas fini d’entendre dire qu’il est grand. B.Philippe. Qu’il ne s’arrête plus de grandir, voilà tout le mal que je lui souhaite. À Paris, le 18/10/10 Sophie Chauveau & Juliet Gavison

 

07/10/2010

"LOVE IS COMING - Mes années Sarkozy Part 1"

Arnaud Cohen, né en 1968 à Paris, vit et travaille entre Paris et son île-usine-atelier, à Cenon sur Vienne. « En France, les artistes exigent que les galeries soient nationalisées, sinon à quoi bon faire de l’art officiel ? » demandait une affiche, placardée dans les rues il y a quatre ans par Cohen. Dénonçant l’obscénité policée des mécanismes de validation de l’art officiel, Cohen fait rire et réagir. « Je me définis comme un punk post néo-dadaïste » dit-il. Réponse du berger à la bergère, Olivier Kaepplin, Délégué aux Arts Plastiques, conclut fin 2006 sa visite d'une exposition d’Arnaud Cohen par ce Haïku : " Continuez à pisser sur l'institution, elle finira par acheter !" Exposant depuis 1997 en Europe – grâce notamment à la Galerie Marwan Hoss, Arnaud Cohen invente des dispositifs constitués d’objets et de mots, volés à la société de consommation et subvertis. Assemblages luxueux en bronze chromé d’objets archétypaux simplement agrandis, collages, ready-mades où la seule intervention réside dans une immersion partielle dans un bain de peinture bleue ou rose layette, campagnes d’affichages aux contenus démagogiques et provocateurs, l’œuvre d’Arnaud Cohen semble aller à contre courant d’une tendance qui vise pour chaque artiste à la construction d’une marque, d’une signature identifiable au premier coup d’œil. «Mon but serait qu’au fil de mes travaux, on reconnaisse non pas tant une façon de faire qu’une façon de voir. Mon outil principal, c’est le détournement. En ce sens, je me sens l'héritier des artistes de l'Internationale situationniste et plus particulièrement d’Asger Jorn et de ses "Modifications". Je ne cherche pas à créer des formes nouvelles ou à me perdre dans l’édification d’un style. Ce que je recherche avant tout, c’est à faire naître du sens. » Exposition: "Love is Coming - Mes années Sarkozy, Part 1" L’exposition « Love is Coming» vient couronner la réalisation après 9 mois d’efforts de l’œuvre monumentale éponyme (LiC) réalisée avec le soutien de la région Poitou-Charentes. Cette sculpture de 13 mètres de long, TGV blindé futuriste hérissé de bras armés et emprisonnant en son sein la dépouille d’un cheval sauvage, est pour Arnaud Cohen une allégorie de l’époque actuelle. Pourtant cette phrase de Benjamin Franklin vieille de deux siècles l’illustre parfaitement : « un peuple qui est prêt à renoncer à une part de sa liberté contre d’avantage de sécurité, ne mérite ni l’une ni l’autre, et sera privé des deux ».

 

28/05/2010

Icônes et Trophées

Vernissage de l'exposition « Icônes et Trophées » Vendredi 28 mai 2010 de 18h à 22h Une rencontre inattendue entre Mozart Guerra, sculpteur, et Pascal Vilcollet, peintre imaginée par Xavier Nicolas. Mozart Guerra Est né à Recife au Brésil en 1962. Architecte de formation, il vit et travaille comme sculpteur à Paris. Mozart évoque immédiatement la musique, l’enchantement, le merveilleux. Guerra au contraire, fait penser à la lutte, à la volonté de vaincre. Cette dissonance peut être le point de départ à une explication du travail de l’artiste au nom fascinant et insolite. Ces deux adjectifs définissant aussi l’impertinence de ses sculptures, créatures merveilleuses vivant aujourd’hui dans un monde sans pitié qui, dans la meilleure des hypothèses, les abandonne à une terrible indifférence. Les animaux du bestiaire fantastique de Mozart Guerra représentent l’innocence, la beauté et la pureté du monde. Ce sont des créatures de la nature : singes, béliers, chevaux, cerfs, tamanoirs, mais aussi des Indiens Yanomani, symboles de splendeurs jetées dans la fange et récupérées à bord de l’arche de Mozart. Il les transforme alors en trophées originaux, les enveloppe de couleurs primaires fortes et symboliques, faites de matériaux ordinaires détournés de leur usage habituel, tels que fils et cordages de nylon sur lesquels viennent jouer les vibrations et les variations de la lumière. Sans jamais oublier que l’homme est le frère de ces créatures et qu’avec sa compassion et son aide, le monde naturel pourra survivre et revivre sur une planète meilleure. Pascal Vilcollet Né en 1979, vit et travaille à Paris. Pascal Vilcollet nous parle de ses Icônes, personnages qui le fascinent par l’admiration ou par l’horreur. Dépassant la réalité de la représentation, il les dote d’un regard qui nous dérange ; il affronte leur vitalité, les recompose, les fragmente, les découpe pour nous en donner une vision nouvelle. Vilcollet s’attache à donner vie à la toile, dans une peinture spontanée et très physique. Son pinceau prolonge la dynamique de son corps en action pour aller au devant des personnages qu’il peint. Les couleurs s’enchevêtrent avec des coups de fusain, parfois avec des collages, pour redonner force au regard, à l’expression, à la personnalité de son modèle.